les morts célèbres célébrés et... cimetières : la trahison des morts... concessions à perpétuité récupérées

La trahison des morts...

les concessions à perpétuité discrètement récupérées
la trahison des morts
Le livre en vidéo

(Cahors, à l'ombre des remparts médiévaux, les vieux morts doivent laisser la place aux jeunes...)


Comme le remarque l'Histoire, une société se juge également (la notre le sera naturellement) à sa manière de traiter les morts.

Qui parmi vous qui passez, sûrement pas par hasard sur ce portail, souhaiterait prendre la place des vieux morts ?
Car sachez que vous n'y resteriez pas longtemps !

Les places sont chères dans nos cimetières, et la perpétuité s'abrège le plus rapidement possible. N'escomptez pas des futurs maires plus de mansuétude que de nos chers élus qui votent et donc appliquent les lois.

Les concessions ne se vendent plus "à perpétuité" mais certains l'ont gravé sur leur tombe, ce dernier bien, qu'ils avaient acquis pour leur "repos éternel." Deuxième mort, que cette suppression d'un vieux mort qui n'a même plus droit à une existence de mort. Oui, une trahison.
Ce "à perpétuité" photographié au cimetière de Cahors semble voué à rapidement disparaître... Des tombeaux, certains répertoriés par la Région Midi-Pyrénées au titre de notre patrimoine, restent des oeuvres d'art, témoins d'une époque où ils étaient pensés pour durer mais ils seront rasés dès qu'ils pourront être qualifiés "abandonnés", notion non définie juridiquement, qui pourrait porter à contestations. Mais il s'agit surtout d'indignation.


Un document qui lutte à sa manière contre le désir d'effacer, anéantir, toute trace du passage sur terre des humains.
La trahison des morts : les concessions à perpétuité discrètement récupérées

Le livre. Papier... en couleur, amazon à 21 euros.

Numérique : 5 euros 99 seulement : sur itunes pour votre Ipad ou Iphone mais également sur immateriel
Plus d'informations.

Penser la mort : la lettre essentielle de Sénèque (en texte 2018 et vidéo par l'auteur de cette réécriture)

Sénèque... Lettres à Lucilius

LETTRE IV : la crainte de la mort ou comment atteindre en paix, sans oublier de vivre, cette dernière heure tant redoutée.

Persévère dans cette voie, hâte-toi de toutes tes forces, afin de jouir plus longtemps de l'harmonie, la paix intérieure.
C'est déjà, sans doute, une grande satisfaction pour toi, ce travail, cette remise en ordre, cette réforme de ton âme ; mais bien plus vive est la volupté de la contempler pure de toute souillure et resplendissante.

Tu te souviens de ta joie, lorsque quittant la prétexte [vêtement des enfants] pour la toge virile, tu fus conduit solennellement au Forum [où le jeune homme était enregistré sur la liste des citoyens] ; plus grande sera celle du jour où, te dépouillant de "ton âme d'enfant", la philosophie t'inscrira au rang des hommes.
En effet, quand la jeunesse nous abandonne, la puérilité de l'enfance reste en nous ; et, ce qui aggrave notre cas, nous cumulons alors l'autorité du vieillard et les défauts de la jeunesse, voire même du petit enfant. L'enfant s’effraie de peu de choses, le tout-petit de ce qui n’est pas ; nous, des deux.

Avance seulement d'un pas dans la sagesse, et tu comprendras que les maux les plus redoutés sont les moins à craindre : il n’est jamais grand le mal qui achève tous les autres.

En vidéo :
- Abonnement totalement gratuit
à la chaîne Youtube.

La mort approche ? Il faudrait la craindre si elle pouvait séjourner en toi ; mais soit elle ne t'atteindra pas, soit c’est un éclair qui passe.

« Il est difficile, dis-tu, d’amener notre âme à mépriser la vie. » Eh ! Vois quels futiles motifs causent parfois ce mépris ! Un amant se pend à la porte de sa maîtresse ; un serviteur se précipite du toit pour se soustraire aux réprimandes de son maître ; un fugitif, de peur d’être ramené, s'enfonce un poignard dans les entrailles. Et la vertu n'accomplirait pas ce que génère la peur ?

Point de vie tranquille, sans inquiétude, dès qu'on cherche à la prolonger outre mesure, dès qu'on désire obstinément pouvoir compter un grand nombre de consuls [les consuls donnaient leur nom à l'année, permettaient de mesurer le temps].

Que tes méditations quotidiennes visent à te mettre en état de quitter sans regret cette vie, à laquelle tant de gens s'accrochent et se retiennent, comme les malheureux emportés par le torrent s'agrippent aux ronces et aux aspérités des rochers. La plupart des humains flottent misérablement entre la crainte de la mort et les tourments de l’existence : ils ne veulent pas vivre et ne savent point mourir.

Tu veux d'une vie douce ? Cesse de t'inquiéter à son sujet ! La possession d'un bien est une jouissance, uniquement si l'on s’est préparé d’avance à sa perte. Or, la perte la moins pénible est celle qui ne peut être suivie de regrets. Ainsi, encourage-toi, endurcis-toi contre tous les maux à l'abri desquels ne sont même pas les plus puissants. L’arrêt de mort de Pompée émanait d'un enfant en tutelle et d'un eunuque ; Qui décida des jours de Crassus ? un Parthe insolent et cruel ; Caligula livra la tête de Lépidus au glaive du tribun Dexter ; la sienne, à Caligula, tomba sous celui Chéréas.
Quelle que soit la hauteur où la fortune élève un mortel, autant il sera craint, autant il devra craindre. Ne te fie pas à la tranquillité du moment : un instant bouleverse la mer, et là où les vaisseaux voguaient, soudain ils s’engloutissent.

Songe qu’un brigand, un ennemi, peut te mettre l’épée sur la gorge. Sans même parler du pouvoir des puissants sur toi, dont je te suppose à l'abri : tout esclave possède sur toi droit de vie et de mort. Oui, Lucien, quiconque méprise sa propre vie est maître de la tienne.
Rappelle-toi ces infortunés victimes dans leur maison, par la force ou la ruse, et tu recenseras autant de meurtres par la colère des esclaves que par celle des rois.
Que t’importe, ô homme !, la puissance de celui dont tu as peur, quand le premier venu a la capacité de réaliser ce que tu crains.

« Mais, diras-tu, si par hasard je tombe aux mains de l'ennemi, le vainqueur m'enverra...» Oui, là précisément où la nature te mène. Pourquoi t'abuser toi-même ? Pourquoi comprendre seulement à cette heure la fatalité depuis si longtemps en toi ? Eh oui ! Tu marches vers la mort depuis ta naissance.
Voilà les vérités avec lesquelles il faut occuper son esprit, si l’on veut attendre en paix cette dernière heure dont la frayeur trouble toutes les autres.

Pour terminer cette lettre, voici la pensée retenue ce jour. Encore une fleur cueillie dans un jardin voisin [Epicure, le "philosophe du jardin", les stoïciens étaient ceux du portique] : « C'est une grande richesse que la pauvreté réglée d'après les lois de la nature. »

Or ces lois, sais-tu à quoi elles bornent nos besoins ? À n'avoir ni faim, ni soif, ni froid.
Pour apaiser la faim et la soif, nul besoin de se morfondre à la porte des puissants, d'essuyer leur regard dédaigneux et l'affront de leur bienveillante protection ; il n'est pas plus nécessaire d'affronter les dangers de la mer ou de l'armée. Aisément on se procure ce que la nature réclame : nous l'avons à notre portée.

L'homme s'épuise pour le superflu. C'est pour le superflu que l'on use sa toge, vieillit sous la tente, va se briser sur les rivages étrangers. Ce qui suffit, nous l'avons sous la main ! Qui s'arrange bien de la pauvreté est riche.

Auteur : Stéphane Ternoise

Quand la disparition est... symbolique... une autre mort...
Quand on essaye de renaître après une certaine mort
- Youtube vie et mort.


- Bouquins
morts la trahison des morts

Les morts célèbres sont adulés, presque réincarnés, quand les mairies récupérent les concessions à perpétuité ; une logique très française...

Penser la mort ? S'interroger sur la mort ? La comprendre ? Le regard des stoïciens, épicuriens... et le notre...


Penser la mort...

Avance seulement d'un pas dans la sagesse, et tu comprendras que les maux les plus redoutés sont les moins à craindre : Il n'est jamais grand le mal qui achève tous les autres.
La mort approche ? Il faudrait la craindre si elle pouvait séjourner en toi ; mais soit elle ne t'atteindra pas, soit c'est un éclair qui passe.

De la LETTRE IV de Sénèque à Luciliu (Sur la crainte de la mort), réécrite par S. Ternoise.


Versant la trahison des morts… suite


Les cimetières s'uniformalisent avec leurs "belles tombes"... toutes pareilles, ou presque... concessions temporaires, trentenaires, cinquantenaires ou "perpétuelles" (le législateur accorde encore cette possibilité aux maires mais il s'agit d'un abus de langage encadré par une cynique législation).

La gestion de ce cimetière de Cahors n'est naturellement pas une exception.
Monsieur le maire applique la loi. Il convient de se débarrasser discrètement des dernières concessions à perpétuité puisque les vivants ont accepté que leur dernière demeure ne soit qu'un transit : nos vies ne valent rien, pas même un mètre cube ne peut nous être accordé à perpétuité sur cette terre.

Ici, à l'ombre d'un mur médiéval préservé, historique, touristique, ce commerce de la place, même au détriment du patrimoine ailleurs loué, revêt quelque chose d'encore plus cynique, ce que met en valeur ce livre d'art, ce reportage lotois.

Les médias relaient l'indignation quand des sangliers, des fanatiques ou décérébrés dévastent des tombes mais évitent ce sujet du remplacement des vieux morts par de jeunes morts, ce lucratif bizness des mètres carrés d'anciens humains.
Pourtant, ce que la loi impose, une autre loi peut le changer. Ce livre est également politique. Les maires appliquent la loi, il faut donc une autre loi.

Stéphane Ternoise
Malheureusement mortel (aurait préféré l'immortalité)
http://www.morts.info

Il ne s'agit pas d'un inventaire. Juste une visite.
Je vous l'avoue : j'ai découvert assez récemment ce commerce dans les cimetières.
Avant de parcourir la région ès photographe, je rentrais rarement en ces lieux.
Mes seules cimetières avaient été ceux de villages où les maires semblent encore respecter les morts.

Versant vive les vieux morts


L'ancien président Félix Faure est devenu un nouveau symbole : celui des morts revenus dans l'actualité grâce à twitter. Il a ainsi observé "ELYSEE 2012" pour la communauté de Twitter, passant de DSK 2011 aux Primaires 2011 à l'Elysée 2012. Mort à l'Elysée en 1899 après ou pendant un rendez-vous disons galant, Félix Faure est le seul président de la République mort à l'Elysée. C'était en 1899. Il a soutenu DSK en 2011, il soutient Valerie Trierweiler en 2012.

Félix Faure est né en France, à Paris, un 30 janvier. C'était en 1841 et il est décédé en France également, toujours à Paris, le 16 février 1899.
Félix Faure : l'homme d'État français, à ne pas confondre avec un garage Citroën !
Félix Faure fut Ministre de la Marine de 1894 à 1895, la marine qui était alors un grand ministère, et il fut ensuite élu président de la République française, il y restera de 1895 à 1899, mort très soudainement, dans des circonstances qui l'ont fait passer à la postérité.

Que dit-on sur twitter un dimanche soir ? Juste un éclairage...


votre avis de vivant


Montaigu de Quercy de nombreux monuments funéraires et monuments aux morts
LIRE

Si vous souhaitez soutenir cette page :







flux des infos rss Le SUIVRE